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Publié le par Maât-Saâhem


Le voyage

Es-tu prêt à jouer ? Quand tu commences à jouer, quel que soit le voyage, tu sommes le destin de t'apparaître, tu le sommes d'exister. Lorsque tu joues, tu affirmes, peut-être sans le savoir, que le monde est autre chose que ce que tu vois, qu'il est rempli de présence, de forces, d'énergie…

Au commencement est un désir, parfois comme une vague brûlure, parfois comme une soif qui te pousse vers tu ne sais quelle source.

Tant qu'il reste derrière ton front, dans la nuit de ta tête, il demeure brumeux. Pour qu'il apparaisse en plein jour, il faut que se lève sur lui le soleil des mots. Il faut le nommer. Ici, tu devras nommer clairement ton désir.

Tu vois loin. Tu vois haut. Trop loin ? Trop haut ? Peut-être n'arriveras-tu jamais sur cette montagne que tu aimerais atteindre et que jusqu'à présent tu n'as jamais osé désigner.

Qu'il soit dit qu'elle est ton but. Contre toute raison ? Oui, contre toute raison. Après tout, quelqu'un en toi, du moins en rêve, est allé plus loin que cette créature besogneuse que tu crois être. Ce quelqu'un là, lui, ose dire ce qu'il veut, ce qu'il se veut, ce qu'il peut être.

Tu as peur ? De quoi ? De tes démons ? Ne crains rien. Des brigands, tu en rencontreras, bien sûr. La plupart sont tapis dans ta tête, armés de leur soi-disant raison et de leur art du croc en jambe ("tu n'y arriveras pas, tout ça, c'est des histoires !").

Ouvre ton cœur, ouvre tes yeux, ouvre ta conscience. Tu as des armes dans tes bagages, des amis sur ta route. Qu'as-tu à perdre en vérité ?

La foi, ce saut dans l'inconnu ! Premier acte d'amour vrai, peut-être. Premier acte véritablement alchimique : ici t'est donnée l'occasion de changer le plomb de l'objection en or de l'adhésion.

"Il faut suivre sa pente, pourvu qu'elle monte", disait l'écrivain André Gide.
Que trouveras-tu, toi, au sommet de ta montagne ? Un miroir ? D'autres routes ? Le retour chez toi, tel Ulysse au terme de son odyssée ? Quels que soient les biens que le ciel te donnera, quelle que soit la cime où il daignera t'élever, demande-lui toujours : encore, encore, encore. Il n'y a pas de maisons, il n'y a que des auberges. Le voyage est sans fin.



Gérer son temps

"L'éternité, c'est long. Surtout vers la fin", dit Woody Allen.
Du coup, on se dit qu'ici aussi, on a tout le temps, on pense "Manana ", Mexique, sieste et sombrero. A petites doses, rien de grave : à chaque jour suffit sa peine. Mais poussé à l'extrême, le fait de toujours tout remettre au lendemain produit l'effet inverse : culpabilité, angoisse, panique.

Les Anglo-Saxons désignent d'un vieux mot français —procrastination— cette déplorable habitude qui peut devenir une pathologie, mais qui se soigne : il faut en identifier la cause, apprendre à s'acquitter facilement des tâches apparemment désagréables et organiser son emploi du temps.

Jean-Louis Servan-Schreiber, le directeur du magazine mensuel "psychologies", te propose quelques règles à suivre :

1- Apprends à dire non, l'outil le plus simple et le plus utile.

2- N'essaye pas de te souvenir de tout. Découpe ton emploi du temps en périodes et tu pourras ainsi, l'esprit libre, consacrer toute ton énergie à chacune d'elles.

3- Structure ton temps autour de tes objectifs. Comme l'art de gouverner, gérer son temps consiste à choisir entre des possibles et à en dresser la liste chaque jour.

4- Révise ton emploi du temps en te demandant à chaque étape : "est-ce bien moi qui l'ai voulu ?"

5- Un Espagnol a dit que le temps était galant homme. Plutôt que de ferrailler avec lui, apprends à le mettre de ton côté et à obtenir son soutien.

6- Ne gère pas ton emploi du temps, mais apprends plutôt à le ciseler. Mieux vaudrait déléguer à quelqu'un d'autre ton chéquier que ton agenda, car l'argent se remplace, pas le temps.

7- Concentre-toi sur l'essentiel. Profite de ta vie, savoure chacune de tes heures de loisirs même si tu en as peu.

8- Tu n'es pas le maître du temps, mais seulement un apprenti. Le temps est ton maître, apprends de lui chaque jour.
 



Ma

Ce mot japonais est impossible à traduire. Il englobe l'espace et le temps et désigne, plus concrètement, l'intervalle non délimité entre deux choses, deux personnes, deux espaces, deux moments. Le Ma signifie aussi la capacité à sentir l'intervalle spatio-temporel qui te sépare du monde. C'est un peu comme la faculté à être en même temps l'acteur, le spectateur et le metteur en scène du moment vécu, de l'espace-temps dans lequel tu te trouves.
Cette hyperconscience du réel est le but des arts martiaux bien compris, où l'excellence s'obtient par la maîtrise du geste mais également du Ma-aï, la distance-temps qui sépare les combattants. Dans la vie courante, avoir un bon Ma ne consiste donc pas seulement à être "bien dans ta peau" ou "dans le ton", ni même à occuper sainement ton temps et ton espace (ton corps et ce qu'il peut atteindre). Cela consiste surtout à harmoniser tout cela avec l'espace-temps des autres et celui du réel, qui est l'ici et maintenant.



Créatifs culturels

Les créatifs culturels sont des gens qui tentent de mettre en application quatre types de valeurs :

1- Implication personnelle dans la société par des engagements solidaires, locaux et globaux, immédiats et à long terme.
2- Vision "féminine" des relations et des choses.
3- Intégration de l'écologie, de l'alimentation bio, des méthodes naturelles de santé, des médecines alternatives.
4- Importance du développement personnel, de l'introspection, des nouvelles spiritualités.


Psychologiquement, les Créatifs Culturels ont un point commun important : ils ne supportent plus d'être divisés, coupés, en contradiction avec eux-mêmes. Leurs mots-clés sont notamment : cohérence, congruence, interaction, synergie. Que l'on puisse prôner le respect des équilibres écologiques et ne pas en tenir compte dans sa propre vie quotidienne leur est devenu insupportable. De même, croire sincèrement que seuls des comportements plus solidaires pourraient sortir l'humanité de la catastrophe… et ne pas s'engager soi-même dans ce sens les horripile. Quant à prêcher l'éveil d'une vie intérieure "essentielle" et baratiner sur la spiritualité tout en continuant à se comporter au travail, dans la cité, chez soi, comme les générations précédentes, cela leur paraît grotesque. Dire ce que l'on fait, faire ce que l'on dit, telle est leur devise, et l'enquête de Ray et Anderson (vaste étude menée entre 86-99 auprès de cent mille personnes aux USA) montre, en particulier dans son suivi à long terme, qu'il ne s'agit pas là de vains mots. Comme si les idéaux des années 1960 et 1970 avaient fait un long chemin souterrain pour atteindre aujourd'hui, non plus quelques dizaines de milliers de marginaux, mais des millions de citoyens intégrés…



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Extraits du livre des questions "le jeu du Tao"
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Pour participer au Jeu du Tao, veuillez lire d'abord les modalités : introduction, instructions, règles de base.

Publié dans Jeu du Tao

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