Croyances

Publié le par Maât-Saâhem


Les modernes des siècles scientistes (XVIIIè, XIXè, XXè) ont eu facilement tendance à se figurer qu'en dehors de la leur, fondée sur l'expérimentation empirique et sur la raison, toutes les autres cultures humaines avaient reposé sur des croyances, systèmes de pensée archaïques où l'adhésion irrationnelle et collective à un tout l'emporte sur l'expérimentation et le discernement de l'individu. En réalité, les sciences humaines nous ont progressivement montré que nous, modernes, n'échappions pas davantage à l'emprise de la croyance que les autres peuples. Tout simplement parce qu'à notre naissance, notre psyché ne peut se former qu'à partir d'une "bouture" de la psyché d'autrui -à commencer par celles de notre mère et de notre père-, dans une langue qui, dès l'origine, est imprégnée d'une galaxie de présupposés constituant autant de croyances et formant en quelque sorte l'étoffe même de notre appareil à percevoir et à penser. Même celui qui dit :"je ne crois rien, j'expérimente" ne peut empêcher son système sensoriel lui-même de fonctionner sur un tapis de croyances originelles. Certaines croyances sont indispensables, d'autres obsolètes, ou franchement nocives, mais une culture sans croyances n'existe pas.

La force de la modernité parvenue à sa maturité (XXiè siècle) est de travailler à explorer inlassablement tout ce processus et donc de s'ouvrir à un nouveau scénario : faire s'élever la conscience (individuelle et collective avec la force de l'humilité :

- Force : rien n'est impossible, nous pouvons repousser nos limites (réputées "infranchissables" : je ne suis pas capable de..., ce n'est pas un métier pour une femme, les... sont tous les mêmes, etc.) aussi loin que nous le voulons. Tout est question de désir, de volonté, de compassion...

- Humilité : notre désir, notre volonté,  notre imagination, notre compassion ne peuvent malgré tout dépasser certaines limites, qui sont elles-mêmes de nouvelles croyances...

Toute introspection (dont le Jeu du Tao) le démontre aisément : un vrai travail sur toi et sur les ombres de ton inconscient fait exploser bon nombre de tes anciennes croyances... et en installe de nouvelles.


Exercice pratique

Mais peut-être préférerais-tu que je te tienne, sur ce sujet vaste et mouvant, un discours plus concret ?
Voilà : songe au vrai sens de la phrase "plus personne ne croit en rien"... il y a belle lurette que tout le monde croit en quelque chose -au moins ! Inutile donc d'épiloguer sur le célèbre paradoxe d'Epiménide le Crétois affirmant que tous les Crétois sont menteurs, reprise par Montaigne sous la formule lapidaire : "je mens".

Un petit exercice inspiré de la PNL va plutôt te permettre de confronter ta quête à différents systèmes de croyances que, souvent sans le savoir, tu partages en partie.

1 - Dispose trois chaises devant toi en triangle. Ces trois chaises correspondent à trois rôles : le rêveur, le réalisateur et le freineur. Chaque fois que tu changes de rôles, tu changes de chaise.

2 - Installe-toi d'abord dans la peau du rêveur sur la première chaise. Dans ce rôle, tu es libre, tu peux laisser courir ton imagination et créativité, sans limites. Pense aux occasions où tu rêves tout éveillé (le soir dans ton lit ?), souviens-toi de l'une d'elles, essaye de retrouver cet état. Pense maintenant à ta quête et laisse-toi rêver à toutes les solutions, des plus faciles aux plus folles, qui te permettraient de la réaliser.

3 - Intègre ensuite le personnage du réalisateur, en t'asseyant sur la seconde chaise. Tu as en tête, bien entendu, les solutions proposées par le rêveur et tu fais le point sur ce qu'il est en ton pouvoir de faire pour les mettre en oeuvre.

4 - Intègre maintenant le personnage du freineur sur la troisième chaise, et offre-toi le loisir de critiquer, respectueusement mais sans concession, les propositions du rêveur et la mise en oeuvre du réalisateur.

5 - Une fois les critiques épuisées, reprends alors le rôle (et la chaise ! ) du rêveur pour inventer des moyens de traiter les difficultés trouvées par le freineur. Puis remets-toi à la place du réalisateur qui reprend ainsi les rênes, et ainsi de suite. Le but du jeu consiste à ce que le freineur n'ait plus aucune objection.

Tu viens de récapituler rapidement les désirs, moyens, obstacles et engagements de ta quête, mais aussi de confronter celle-ci à trois visions des choses, chacune ayant sa propre dynamique fondée sur un système de croyances. Chacune a raison, chacune a tort. C'est un peu caricatural, la meilleure preuve étant que ce dialogue se tient en toi en permanence. Mais peut-être as-tu remarqué que l'un des trois personnages avait beaucoup à dire et un autre, bien peu, justifiant ton caractère plutôt optimiste, réaliste ou critique ?

Analyse maintenant les arguments que chaque personnage a présentés : vois-tu comme ils reposent sur des a priori que les deux autres ne tiennent pas pour vrais ?



Livre des sagesses :   Croyances   /   Energie universelle   /   Pesanteur et grâce



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Extraits du livre des questions "le jeu du Tao"
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Pour participer au Jeu du Tao, veuillez lire d'abord les modalités : introduction, instructions, règles de base.

Publié dans Jeu du Tao

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lila 29/03/2008 18:39

J'aime notre syncronicité, car aujourd'hui j'ai joué à ce jeu que tu propose, sans même avoir lu le post! Et effectivement j'ai une nature optimiste et pragmatique! C'est donc que ce post tombe bien! lila